Catégories

Clichés

Petit souvenir...


Un voyage à travers les expériences et les tremblements du plus profond de nous mêmes... Embarquer dans le Funnyculaire vous donnera un aperçu du drôle de monde qui m'habite, et de tous ses participants, du vôtre... Bienvenue à bord, retrouvons nous tous malgré les distances pour un instant dans les entrailles de la personnalité...

Ntonio

Mercredi 30 avril 2008

Mes amis, aujourd’hui la leçon sera courte. Non pas que le sujet n’est pas intéressant (quoique…), mais qu’il n’y a pas forcément lieu de s’y épancher plus que ça, non mais dites donc. C’est pourquoi je vais attaquer le sujet franchement, sans y aller par quatre chemins, ni tourner autour du pot, car comme vous le savez tous, tous les chemins mènent à Rome. Mais il y en a quand même quelques-uns qui mène jusqu’à Toulouse. Et notamment celui-ci… Ecoutez bien.

 

Quel est ce mystérieux chemin qui mène à Toulouse ? Les plus férus du Routard me sortiront « le chemin de Jacques de Compostelle ! ». Non, messieurs, et même je ne suis même pas sûr qu’il passe par ici. « Ah ben le Tour de France alors ! ». Ah, on s’y rapproche. « Le Paris-Dakar ? ». Non non. « Une cigogne ? ». C’est peut-être drôle, mais c’est lui le plus près de la réponse. En effet, messieurs, ce chemin peut être prisé par cet échassier pour la bonne et simple raison qu’il s’agit de… tadaaam… Le Canal Du Midi… tsoin ! (ou Canal du Maïdaï, si vous voulez vous la jouer à l’anglophone de la région).

 

Eh oui, lui-même. Gros succès à l’époque. Même si depuis, le tchou-tchou (et autres fanfreluches) l’a dépassé et rendu inutile sauf pour les joggeurs du dimanche (et dieu sait qu’ils sont nombreux, les bougres !). Voilà. Donc, en vrac, de premiers éléments sur la fonction de ce Canal de la Mort du Midi : sachez que, d’un point de vue mécanique, l’eau peut être considéré comme une surface où les frottements sont négligeables. Ce qui veut dire que les 30 tonnes de parpaings que vous essayez de vainement tirer sur terre, eh bien ça devient bien plus réalisable sur l’eau (je ne dis pas plus facile, faut quand même avoir du biceps). Donc, au début, on va d’abord utiliser ce canal pour le transport de charges, via radeau, via barque, péniche, tanker, sous-marin nucléaire, que sais-je… cigogne ?...

 

Mais à quand remonte la construction du canal (oui, j’ai anticipé cette question qui vous brûlait les lèvres depuis tout à l’heure) ? A longtemps. En gros vers les 15e-16e siècles, on commençait à en faire. Parce que c’est cool, les canaux. Sous Henri IV, Sully a la volonté d’augmenter les réseaux de communications sur le royaume. Ainsi donc, monsieur Pierre Paul Riquet (1604-1680) entreprend les travaux du canal du Midi, assisté du Chevalier de Clerville et d’ingénieurs (engin-nieurs, pour l’étymologie). Il faut savoir que cette perspective du canal est très stimulante, car cela signifie pour la région une création de richesse par l’apport d’eau et d’activité navale.

 

Le problème qui se pose au début, est tout simplement de trouver de l’eau. Car entre Toulouse et Sète, ce n’est quand même pas les chutes du Niagara. Les Pyrénées ont beaucoup d’eau, mais les reliefs font que pour l’amener, c’est la mer à boire. Mais Fourier c’est un gros malin, et il dit : « allons par-delà les plaines jusqu’à la Montagne Noire, et nous trouverons de l’eau, mes amis ». Enfin, un truc du style. Parce que c’est une région plus humide et pluvieuse que le Lauragais. Donc les voilà en train de récolter toutes les eaux possibles dans les flancs vers St-Féréol.

 

Et puis donc la construction du canal commence, et tout le monde est content. Les travaux sont lancés en 1666, financés par Fourier lui-même, le Roi, les régions, et les villes du coin. Ce qui contribue à engendrer un peu de richesse dans la région, avec l’import de blé et de maïs (et bisque-bisque-rage le détroit de Gibraltar !). En échange de son financement, Fourier devient propriétaire des terres qui se trouvent aux abords des 242km de canal. Sympa. Il y mène sa propre justice, avec sa garde spéciale. L’eau est en effet convoitée à l’époque.

 

En 1672 on peut déjà naviguer sur la moitié, depuis Toulouse, et en fin 1681, c’est tout terminé. Manque de pot, Fourier casse sa pipe l’année d’avant. La construction aura été réalisée à l’aide des riverains, qui sont bien payés, et cela permet de développer en bout de canal la ville de Sète, jusqu’alors peu riche.

 

Petit problème local, ce sont les orages. Car avec les fortes pluies, le limon s’accumule dans le canal. Du coup, on appelle le super-héros de l’époque, notre divinité à tous, à savoir Vauban, qui nous trouve encore une fois une idée révolutionnaire : ainsi, les eaux amenés jusqu’au canal seront véhiculées via aqueduc et conduites sous-terraines. Il a également contribué à pas mal d’améliorations et de solutions techniques qui ont duré dans le temps (quel homme, ce Vauban !).

 

Bon, et puis par la suite les canaux vont naître encore un peu partout (eh y en a même un à Moret-sur-Loing !). Louis Becquey proposera en 1820 un quadrillage commercial de la France, ce genre de choses.

 

Voilà, c’était un petit cours sur le canal du Midi, encore une grande passion, et la semaine prochaine, ô joie, on va s’intéresser aux routes et autoroutes (supeeeeer !). En attendant je vais me faire un petit café, la tartiflette de midi m’a assommé. Tiens, des oranges, je vais me faire un jus aussi, tiens !

par Ntonio publié dans : Généralités
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Album du jour

Rechercher

hebergement blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus