Ahlala, ces petites vacances qui sont si bonnes. Et puis il suffit d’une note ou deux pour que je retombe à nouveau dans la rivière des souvenirs (à l’instant du Gérald Genty tout reposé). J’ai retrouvé quelques vieux amis ici à Moret. Dimanche soir, je suis allé voir Eloi pour passer la soirée à discuter, à nous raconter les dernières nouvelles, à blaguer un peu, à passer du bon temps. Lundi, même endroit, mais avec le dîner en plus, et en compagnie de Nicolas. Les trois amis légendaires réunis. J’ai apporté le nécessaire à pizza maison, on s’est amusés à les préparer tout en déconnant et en évoquant de vieux souvenirs de camaraderie au collège, en se balançant nos bonnes vieilles vannes dans les jambes… On se mate quelques courts de Charlot tout en mangeant, une partie de Munchkin sur la fin, et puis on se raccompagne les uns les autres en voiture, en zappant sur les radios (encore un bon délire, France Culture à minuit ou Evasion et ses vieux tubes pourris)…
Et puis aujourd’hui, après un passage chez le coiffeur et des recherches infructueuses sur le cirque chinois à la bibliothèque de Fontainebleau, j’ai flâné tout l’après-midi dans la ville, le château et le parc avec Sébastien qui est remonté de l’Ecole de l’Air pour la semaine. Lui aussi a déserté sa région du sud qui sombre dans le mauvais temps, pour retrouver la famille, l’univers d’avant… Petit passage vers le lycée Couperin, on repense au bon vieux temps et aux cours de Français en regardant l’annonce de cours de soutien pour les futurs bacheliers de 1ère. On passe à l’IUT à côté pour voir si on ne pourrait pas tenir un petit stand au forum des métiers en janvier, pour représenter nos écoles respectives. Projet envisageable, seulement on a bien peur que les dates ne soient pas favorables… Sauf si l’INSA me libère pour revenir (et pourquoi pas me payer le billet aller-retour, tiens…).
Et puis sinon, la forêt est absolument magnifique, les couleurs d’automne sont à leur apogée, je suis arrivé pile au bon moment. C’est vraiment très beau, comme sur les cartes postales. Pas seulement du orange de vieilles feuilles, mais bien le mélange allant du vert jauni au rouge sombre… On a déblayé les feuilles du jardin avec Alexis, on s’est fait quelques jeux de société entre frères, on a chahuté, on s’est tapés dessus, on a écouté de la musique très fort, on a relu une vieille BD qui nous a bien fait marrer… Ces deux grands flandrins avaient autant de plaisir que moi à partager ces vieux moments…
L’usage du mot « vieux » est particulièrement présent quand je reparle de tout ce monde Morétain. Mais que voulez-vous, c’est aussi une façon pour moi d’évoquer la nostalgie que je ressens tant en revenant ici… Et le décalage énorme entre ici et Toulouse. Je n’y suis pas du tout le même. A Toulouse je vis et fais vivre. Ici je vis et je regarde. Et c’est délicieux… Mais c’est aussi un peu triste…
Et puis, pour y mettre une dose supplémentaire, après le passage chez grand-mère pour l’aider à monter son vélo d’appartement et essayer de faire fonctionner un antique appareil d’enregistrement à bandes, on écoute le midi le Jeu des 1000 Euros, sur France Inter. Comme avant. Et, ô miracle, ces jours-ci ils diffusent les enregistrements qu’ils ont fait il y a un mois justement ici, à Moret-sur-Loing… Des petits élèves du collège Alfred Sisley, la description de la ville par Louis Bozon… Pfou, ça fait tout bizarre de réentendre ça, tout en traversant la forêt par la Route de Bourgogne, pour gagner Fontainebleau…
Tout à fait autre chose… J’ai envie de pleurer un peu, peut-être… De revivre ça avec des gens d’alors… De revenir sur ces moments d’enfance, d’adolescence… La vue du lycée Couperin, du cercle à l’entrée du bâtiment G, c’est si évocateur. Vendredi je vais retrouver toute la bande de Terminale. Je voudrais tant retrouver toutes ces personnes qui ont marqué mes années ici, oublier un temps les distances et les différents apparus depuis… Retrouver tout ce petit monde pour se rappeler que, à l’époque, c’était bien, aussi.
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