De retour après une nouvelle semaine de stage sur le chantier (qui s’avère intéressant, je crois que j’ai de la chance là-dessus !), que vois-je en allant voir mes mails sur Internet ? 15 nouveaux messages, et la plupart de la part d’amis vraiment sympas, qui répondent à propos de mes résultats pour l’INSA. Les uns après les autres, je les ai découverts, en étant à la fois ravi par la gentillesse des messages, et par les touches personnelles qui les caractérisent… Alors je me suis dit que je pouvais commencer à faire un petit « best of », pour montrer un peu à chacun le style des gens que je côtoie, et pour leur rendre un petit hommage en quelque sorte… Sans pour autant vouloir faire culpabiliser ceux qui n’ont pas répondu par mail (car ça a pu être au téléphone, ou face à face…). Alors voici quelques extraits et leurs auteurs, orthographe corrigée, à vous de vous amuser et de retrouver certains traits caractéristiques.
Commençons tant qu’à faire par le premier mail reçu, qui m’a déjà bien touché :
« Ton mail noue l'estomac. En effet, ça me fait mal que tu redoubles. Mais tes "contacts" comme tu dis ne sont pas perdus ni même au large. Non. On se verra comme avant. Regarde : les redoublants à l'INSA restent avec leurs potes de 2° année. Donc pas de soucis pour tes amis.
Je ne veux pas chercher le bonheur dans des situations désagréables mais sache que l'année prochaine tu auras du temps pour t'investir à l'INSA, ce qui est très valorisant par la suite.
Mais je comprends (j'essaye au mieux de comprendre) ce que tu ressens. On sent dans l'e-mail que tu es très déçu mais que tu acceptes. » (Claire)
Et puis quelques réactions bien dans l’ambiance :
« Ca m'a pas tant étonné que ca quand j'ai lu la terrible phrase. J'ai en plus eu la chance de te voir dans ton new univers a Toulouse. Je dois dire que tu as gagné au change. Tu redoubles certes, mais ne t'es tu pas épanoui en échange. Ne t'es tu pas fais de super potes avec qui tu as pu déconner en jouant a Risk, de la guitare sur Blink... » (Eloi)
« Combien de batailles acharnées avons nous mené main dans la main ou, plus souvent, glaive contre glaive, sur la table de mon promolo ? Combien de soirées et d'après-midi avons nous passé le front suant et les traits tirés, penchés ensemble sur des feuilles aux langages abscons (statistiques du nucléaire français et densité de stockage des nanotubes de carbone) ? Et combien de fois nous maudîmes à l'unisson Peyrade le Borné et Bastien l'Oisif ? Enfin, combien d'heures avons nous marché, transpirant et grelottant sous le climat capricieux des montagnes ariégeoises, perdus au milieu des brumes et des nuées, à la recherche de l'introuvable et invisible GR ? Combien de marins, combien de capitaines...
Euh... Je... je m'emballe, là. Enfin, tout ça pour te dire que tu vas devoir me supporter l'année prochaine. Oui, je sais... ça a fait le même effet aux autres. Mais tu pourras pas y couper, on fait partie du même bureau. Et comme j'espère bien faire du club littérature le club le plus en vue de tout l'INSA, on va devoir passer pas mal d'heures ensemble. » (Joris)
« Pour répondre à ton mail, je peux te dire que les amis, en général, ça se garde ! Et tout le monde de l'INSA te le diront, les gens avec qui tu traînes en semaine d'Inté, ce sont des potes qu'on garde au moins pendant les années INSA (voire plus !!!).
Pourtant, et tu le dis si bien, fallait pas s'attendre à ce qu'on puisse se voir aussi souvent que si on était dans le même groupe mais c'est pas ça qui nous empêchera de refaire des baskets en début d'année, des sorties montagne foireuses en fin d'année ou même des soirées pâtes chez les uns et les autres (je sais que ça pas été souvent chez moi mais l'année prochaine je vais essayer de faire un effort pour que ma piaule soit présentable, comme ça je pourrais invité plus souvent ...). Faut pas croire que parce qu'on serra plus ensemble ce sera comme si on se connaissait plus !
Autre chose, (c'est pas Florent qui te le dit, c'est moi !) te pourris pas tes vacances pour ça ! » (Aymeric)
« C'est vrai que ce petit mail n'est pas le plus joyeux qu'on ai reçu mais bon il faut voir le bon côté des choses: redoubler n'est certes pas facile mais ça te permet de partir les années suivantes avec des bases plus solides.
Tu donnais l'exemple de Cyril par exemple, il a redoublé sa première, a vu ses amis passer le bac avant lui mais cela lui a permis de faire une terminale sur des bases solides et d'avoir son bac haut la main (chapeau l'artiste). Tu auras plus de bénéfices à redoubler même si ça te fait mal au cœur !
Je te trouve très pessimiste. Rester un an de plus à l'INSA ne signifie pas obligatoirement perdre tes amis d'avant: on est arrivé à un âge où la personne compte plus que l'avancement de ses études. Je suis sûre que tes amis insaiens le savent parfaitement et ne te lâcheront pas… (au pire tu nous as toujours !!). » (Caroline)
« Je me joins à Florent pour te dire que c'est pas un drame. D'abord parce que tu seras avec Denis et JP (et Etienne le boulet) et ensuite parce que y a des chances que plusieurs d'entre nous rétrogradent un jour ou l'autre. Sachant qu’il y aura peut-être une année de césure un jour, je serais peut-être le premier.
En plus faut mieux ça que de ne pas aller dans ta PO ce qui ferait autrement plus chier parce que tu pourras plus revenir en arrière.
Enfin de toute façon ça t'empêchera pas de voir tes potes ex-première année parce que même après la semaine d'inté, ça ne nous a pas empêchés, alors qu'on n’était pas dans les mêmes groupes de se retrouver. » (Raphaël)
Il y a eu aussi quelques comiques :
« Petite anecdote pour te mettre dans l'ambiance : sur la route, une voiture, c'est moi qui conduisais, je dépasse une voiture sur la nationale. Rien de très original. Mais j'ai du la vexer puisque quelques secondes plus tard elle me repasse devant. Moi je m'en balance et je la laisse devant moi. Quand tout à coup elle ralentit, je me demande pourquoi, je met mon clignotant et là, non c'est pas le drame, je la redouble.
Oh ca va! Je sais c'est ni drôle, ni subtil, ni de très bon gout, mais c'est tout ce que j'ai trouvé. C'était ca ou faire deux double six aux dés. Je t'explique au cas où, si tu as compris ne lis pas cette phrase. Je fais un double six, et la je reprends les dés, et "redouble six", j’étais en veine ce jour-là.
Je me suis dis que la voiture c'était quand même mieux. » (Eloi)
« Bon, primo : tu arrêtes de déprimer, ça suffit comme ça. Redoubler ça peut être considéré comme une chance... tu vas consolider tes acquis et tu seras plus solide pour la suite des festivités. Alors t'as intérêt à en profiter sinon j'envoie mes 30 canards te botter le cul de leurs pattes palmées, c'est clair ? » (Chloé)
« Mon p’tit cœur s'est serré quand il a vu les résultats aussi… je suis sincèrement désolée pour toi, c'est vraiment dommage.. Mais bon, apparemment tu te fais une raison, c'est bien ! Il faut pas se morfondre, même si c'est dur à dire. Aller, tu seras avec Denis aussi, ça promet de bons délires quand même. Et puis ne t'inquiètes pas: à mon avis, la bande de potes dont tu faisais partie ne s'éloignera pas de toi, même si tu es en première année à nouveau. Franchement. C'est une trop belle amitié pour se perdre. Et puis, on viendra squatter des amphis avec toi ! Maintenant que tu vas être un GPA.» (Mélodie)
« Je participe donc à l'explosage de ta boite à mails qui résultera inexorablement de ton message » (Raphaël)
« Sinon, ben pour l'INSA, que dire, sinon d'essayer de pas penser à ça pendant 2 mois... C'est sur, c'est pas drôle, mais bon, au moins t'es pris quelque part. Je disais à Murielle qu'il y avait un gars dans ma classe cette année qui voulait faire médecine. Il s'est retrouvé en prépa parce qu'on lui a conseillé (!). Résultat, ça le faisait chier, il a rien fait des 3 derniers mois, pensant être pris en médecine l'an prochain. Au moment où je l'ai vu la dernière fois, il était pas admis en spé, et pas non plus en médecine. Il pensait rentrer à Madagascar bosser avec son père... » (Sébastien B.)
Et enfin, parmi les plus beaux à mes yeux :
« Ce nouvel univers inconnu dans lequel tu as été lâché, tu l'as plutôt bien apprivoisé. Au détriment certes de l'obtention de ton année mais je pense qu'il était plus dur de s'adapter seul dans une nouvelle ville que d'obtenir un putain d'année de prépa intégrée que tu peux refaire de toute façon. Alors que s'intégrer convenablement, ca ne se rattrape pas. Je te félicite donc car tu as réussi le plus dur. Aurait-il été possible de réussir les deux? J’en doute. Ou alors tu aurais été le +1 du groupe. De plus, tu as un an de moins, maintenant, tu te retrouve avec ta tranche d'âge, tu n'as pas perdu un an, mais tu n'en a plus d'avance. Voila, j’ai parlé. T'ai-je remonté le moral, je sais pas, mais tu es, et tu resteras le meilleur.
Elle est loin l'anecdote de la voiture qui double et redouble. » (Eloi)
« C'est pas facile de redoubler, ça doit être très frustrant, mais dis toi que comme tu connais déjà le programme de 1ère année tu pourras passer tes exams de fin d'année avec plus d'expérience, de connaissances et donc que tu pourras obtenir de meilleurs résultats aux exams que si tu l'avais obtenu cette année....
Je te souhaite beaucoup de courage pour cette nouvelle année, et je ne doute pas que tu auras assez de volonté pour la réussir! » (Joséphine)
« Il est pour moi des moments où l'on sent le besoin de compassion qui soulage une partie des maux. Pour ma part je peux dire qu’il est évidemment très difficile de redoubler mais au final ce n'est qu'expérience. Je sais tu va te dire "Ouh là il se la joue etc, il se fout de ma gueule etc". En fait pas du tout, bien au contraire, je commence à m'en apercevoir et je pense que toi aussi, ce n'est pas significatif. Je connais des gars à commencer par un copain que je connais depuis un bail et qui a redoublé sa troisième et qui maintenant va se faire une école d'ingé en info un truc qui le passionne façon MIC (tu vois le gars je pense) et le principal c'est pas le redoublement (pareil tu doit te dire que je dis ça parce que je ne connais pas ces moments là, mais en réalité que je trime pour ne pas redoubler), le principal c'est la passion. A mon avis à partir du moment ou tu sais ce que tu veux, un désir (que c'est beau le désir), dans ton cas le BTP, je suis convaincu que tu feras quelque chose de grand et peut importe les modalités (comme dirai le prof de sport). Tu as de vrai qualités humaines, c'est un vrai atout et puis la vie c'est quoi ? Bonne question justement, non ? Est-il plus important de se faire chier et être malheureux ou alors voir la vie du bon coté (façon ToToM) et ne pas se faire chier si a la limite ça passe pas, puisque ça passera quand même » (Sébastien P.)
Voilà, je ne vais pas dire lequel de ces messages est mon préféré, il y en a deux qui se battent au coude à coude, et puis il y aurait de la jalousie, bande de petits garnements !! Enfin, bref, quoiqu’il en soit, merci à tous pour vos messages, même s’ils ne me sont pas encore parvenus ou que vous n’en avez pas envoyé, bref, mine de rien, il y a des moments où on est content d’être entouré comme ça (je dis ça parce que là partager une chambre bordélique avec deux frères, c’est pas toujours pratique et supportable…).
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