Il faudrait que je sois en train de travailler, là, mais je ne peux pas, j’ai envie d’écrire, d’écrire ce qui m’arrive et qui est merveilleux, d’écrire que je suis heureux. Une journée sans cours durant laquelle il faut que je travaille pour préparer mes partiels, je me suis levé pas trop tard, j’ai fait quelques courses dans le grand vent toulousain, éprouvant à affronter sur les berges du canal mais qui emplit de fraîcheur, qui requinque, qui ravive un peu mon organisme trop posé depuis ce week-end. Et puis là je rentre, je farfouille un peu dans mes photos, dans celles de Charles, je retombe sur des vidéos cons de Noël du de l’an dernier, avec ma bonne vieille chambre que je ne reverrai plus jamais telle qu’elle était… Dans l’une d’elles je m’exerce laborieusement sur New Born, ça m’a donné envie de la réécouter en vrai, et franchement, si on est bien disposé, on trouve vraiment qu’elle pète.
Bref, ça c’est pour les activités des dernières heures, un peu en vrac. Non, si je me sens bien, ce n’est pas uniquement grâce à ce genre de petites choses. Il y a une part de tout. Les Interclubs sont déjà terminés, on cherche encore à faire une dernière réunion de rassemblement de photos dans la semaine, après cette grande semaine de représentations de folie, où j’ai vraiment passé de très bons moments aussi bien en coulisses, sur scène et dans l’amphi. De bons succès au niveau de
la Chorale
, bien meilleure que l’année dernière. Des beaux instants guitaristiques avec Julien, Vincent et Loïc dont c’était vraiment les derniers Interclubs (un peu d’émotion le vendredi soir, où l’on a d’ailleurs changé le répertoire pour lui offrir la joie de chanter un de ses blues favoris, à savoir Route 66). Et puis Lis&Rature et le poème de la mort qui tue, tous en toge, Bébert s’éclatant sur le texte et nous faisant les guignols à côté.
Une vraie semaine de dingue, en vérité, car tout s’est excellemment bien passé. Avec ça la confirmation de l’année validée (je l’ai déjà dit je crois), et puis tout un tas de petits détails. Et enfin, le gros, le grand, l’immense soleil de cette semaine, inestimable et inespéré, ce grand moment de bonheur intense, ce qui change du tout au tout ma petite vie de célibataire qui n’en est plus un : Marjorie et moi nous sommes mutuellement déclarés notre amour, après avoir entretenu de longues conversations qui ont beaucoup contribué à nous rapprocher… Non, vraiment, ce fut un grand moment, et ce qui j’aime beaucoup c’est qu’au final je ne l’ai jamais oublié en moi, ça je le sais bien, malgré mes vaines tentatives pour essayer de passer à autre chose, du moins à l’INSA. Car depuis que nous avons repris un contact régulier quand je suis arrivé ici, elle est revenue sur le devant de la scène. Je n’osais pas croire qu’une telle relation puisse réellement avoir lieu à si grande distance, mais comme dirait n’importe quel personne un peu fleur bleue, l’amour efface les distances.
Enfin voilà, vous imaginez sans doute un peu le bouleversement que ça a pu engendrer de par chez moi, moi le pauvre petit gars qui finalement c’était presque habitué à ne plus y croire. Et puis il a fallu au final peu de choses, ce n’est pas si compliqué que ça, en vérité, pour être heureux. Bon, je vais peut-être m’arrêter là sinon j’en connais qui vont me reprocher de m’épancher en discours mièvres et sirupeux.
Quoiqu’il en soit, on est vraiment très contents, voilà !
Voilà, maintenant rien que de l’avoir dit, sur du New Born à fond, je me sens plus apte à me mettre au travail. Car il faut que je travaille. Vraiment. Les partiels vont arriver assez nombreux et assez vite (moi ou comment se rendre compte hier que j’ai le partiel du semestre en allemand jeudi) (bon en même temps j’ai déjà mon UV, c’est uniquement du bonus). Mais il y a pas mal de choses à faire, et puis je suis vraiment entré dans un rythme de travail lent et assez clairsemé, ça m’embête franchement. Et puis encore quelques trucs pour les clubs cette semaine, des petites choses comme ça.
Tout ce que j’en dis, c’est vivement que ce soit fini, et vivement Ciel ! Que j’y retrouve Marjo, ma grand-mère, et la maison… Du Lisa Ekdahl, du Enzo Enzo, du Radiohead, du Mika, du tout, du tout, et puis une caméra !... Aaaaah, que ça va être bien ! Y m’reste plus qu’un mois. Y nous reste plus qu’un mois !
Et comme je suis joyeux, comme je suis d’humeur, comme tout va bien, petit cadeau des Interclubs : le poème à Madame S.
Depuis quelques jours ma raison n’est plus maîtresse
Et de peur que mes sentiments ne transparaissent
Il me faut céans vous avouer mes faiblesses
J’errais de par le monde sans amour ni tendresse
Seul, solitaire, en attendant que passion naisse
Que
la Terre
était vide, tout n’était que bassesses
Colère, crainte, corruption, vilénie et détresse
Car sous votre énigmatique pseudonyme, S
Se dissimule une exquise délicatesse
Si toute la nation admire vos faits, S
Ils sont peu les élus qui vos charmes connaissent
Vos mains, vos seins, vos… reins m’emplissent d’allégresse
Vos beaux yeux d’amour me font mourir, belle comtesse
- C’est pas plutôt Marquise ? – Tt, c’est pour la rime, laisse
Et mes yeux de convoitise brillent, je le confesse
Lorsqu’en moi j’imagine le velours de vos… caresses
Ah ! Je vous en prie, parlez, votre silence me blesse
Je vous en supplie, mettez fin à vos tourments, traîtresse,
Car vos baisers sont des pièges, pas des promesses
Dans lequel me jette sans discernement ma mollesse
Mais je vois bien que je ne touche pas vos f…aiblesses
Ainsi donc vous m’abandonnez à ma vive détresse
Il ne me reste qu’un espoir, que vous changiez, ogresse
Pourtant il est bien faible car je sais, Madame S,
Que vous restez fuyante comme le monstre du Loch Ness
Oh la la, c’est la panne, je trouve plus de rime, je stresse
Patati patata tagada tsoin tsoin yes !
Et ainsi que le fameux saucisson d’ânesse
Que l’on prépare dans cette belle région près de Metz
Avec ces intestins et boyaux et qu’on laisse
Cuire deux heures à four chaud puis sécher sous la presse
Afin que le jus chaud comme un vin de xérès
Se distille goutte à goutte, forme une soupe épaisse
Ainsi donc dans mon sang coule cette hardiesse
Me précipitant à vos genoux, plein de liesse
Et mon cœur se plaît à clamer, plein d’ivresse.
Aujourd’hui, le 20 mai, journée pleine de promesses
Dans ma poitrine libre et que plus rien n’oppresse
Le soleil brille, réchauffe, que la glace disparaisse !
Moins de 35 à l’ombre ça ne nous intéresse
Pas. Qu’un nuage, ici, se profile, ne serait-ce
Qu’une ombre de nuage, je l’oublie en vitesse
Car à votre seule vue, Madame, toute pluie cesse
J’ai appris à dompter mes plus grandes tristesses
Et à les vivre en douceur et délicatesse
Hélas le désir me hante, me ronge, m’habite, m’oppresse
Car ma muse m’habite, point le contraire, S
Je n’aspire qu’à cela : vous posséder, princesse
J’ai confié une mission au messager Hermès
Invoquer Aphrodite, Cupidon, tous les dieux de
la Grèce
Que votre conquête soit épique, une grande prouesse
Si ce n’est point de la passion, je demande : qu’est-ce ?

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