Une des particularités de l’Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse, outre le fait d’être une école d’ingénieurs généralistes réputée, est sa vie associative particulièrement développée. Ainsi, à l’occasion de la veille d’un long week-end du 1er mai, le club Zik de l’INSA a organisé un concert sur le campus des étudiants, invitant de nombreux groupes amateurs de l’école à venir se donner en public. Nous en avons rencontré un, dénommé Les Introns, qui joua en fin de soirée, dans la grande salle polyvalente.
Bonjour les Introns ! Que symbolise ce nom, « Les Introns ? »
Raphaiel : Les Introns ? En fait on a cherché un petit temps un nom qui pourrait nous convenir…
Ntonio : Au début on était partis sur FFSF, pas très inspirés, ce qui voulait dire Fuck Fuck Shit Fuck, et puis on s’est avisés.
Raphaiel : Enfin ça, tout le monde n’était pas d’accord dessus, aussi. Les introns, en biologie, c’est une partie de l’ADN. En réalité, au début l’ADN est dans le noyau de la cellule eucaryote, et puis quand il passe dans le cytoplasme, il se coupe (on appelle ça l’épissage) et se distingue en deux composants : les exons, qui vont former l’ADN cytoplasmique, et puis les introns, qui ne servent plus à rien.
Fabb : Voilà, en fait les Introns, ben on sert à rien. Et c’est ça qui est bien ! (rires)
De quoi êtes vous partis à la base ? Quelles inspirations ?
Ntonio : Tout a commencé durant le début du second semestre 2006, quand on s’embêtait en amphi et qu’on n’avait rien d’autre à faire que de faire des petits jeux débiles. Et puis en même temps certains écoutaient du Blink 182, des Betteraves, du Guerilla Poubelle… Tout est venu de là, de ce délire ska-punk, et puis un jour on en est venus à gratter dans l’herbe. Et puis Raphaiel a composé la première chanson : Oh Denis.
Oh Denis ? De quoi parle-t-elle ?
Fabb : Denis, c’est un copain de l’amphi, et il nous fait souvent part de remarques un peu douteuses. Ou du moins on les interprète toujours avec un double sens. Alors la chanson parle de lui, de sa particularité de « roi des blagues salaces et des allusions dégueulasses ».
Raphaiel : On s’est pas mal inspirés du style de Blink, et ça a touché toutes nos premières compositions.
Et ensuite ? Comment les autres compositions sont venues ?
Fabb : Raphaiel et moi avons ensuite travaillé sur une chanson qui devait parler du non-sens du travail. On était allés voir une conférence sur le travail et les difficultés de vie, et une phrase nous a marqués : perdre sa vie à la gagner. Alors on a écrit une ébauche de Tripalium, mais on a été confrontés à des difficultés de compositions. On n’est pas très bons, vous savez ! (rires)
Raphaiel : On a repris ensuite Dammit, de Blink 182, et quelques chansons qui nous venaient sous les doigts. Ca a duré jusqu’à la fin de l’année. Et puis durant les vacances d’été, il y a eu la composition de Fucking Stars, qui nous a donné un élan de fou !
Fabb : C’est une chanson qui parle des stars et de leur course à la célébrité, une critique contre les people. J’y ai mis une petite touche disco, qui rend très bien en son Midi avec la basse et la batterie.
Ntonio : C’est ainsi qu’est né le Disco-ska-punk-rock.
Cette année a été propice au développement, avec un établissement d’une vraie play-list…
Raphaiel : Ouais, en fait c’est surtout qu’on a trouvé un bassiste et un batteur, et ça nous a dynamisé pour aller de l’avant. Bebe cherchait un groupe, et puis il y a Thomas qui venait d’arriver à l’INSA, et qui fait un peu de tout. Dont de la batterie.
Ntonio : On a effectivement eu l’envie de vraiment jouer un jour en concert, alors on s’y est mis sérieusement. On a travaillé sur du Greenday, on a essayé du Muse, et puis au final on est tombés sur Radiohead et les Red Hot.
Raphaiel : Enfin Radiohead, ça a été un peu imposé par le chanteur, hein !
Ntonio : Oui, mais il faut bien se rendre compte ce qu’est la vraie musique.
Et donc, un premier concert avant Noël…
Fabb : On a joué plusieurs compos, Oh Denis, Fucking Stars, Tripalium enfin finalisé, et puis le Club Bourrin, sur un groupe de copains qui se tapent dessus de temps en temps pour décompresser (hein, Raphaiel ?).
Raphaiel : Ce qui est important, c’est qu’on revendique toujours le fait d’être pas bons, mais qu’on emmerde le monde. Il faut être mauvais au départ pour faire du rock. Y a d’ailleurs un très bon article dans un 20 Minutes du mois d’avril, sur Stephan Eicher, qui dit : « Nous les artistes, on pense, merde ! ». Ca résume assez bien notre situation ! (rires)
Bebe : On n’était pas tous très à l’aise le jour du premier concert, en plus on s’est retrouvés sur une mini scène sans retour, on ne s’entendait pas, mais ça faisait une première expérience.
Et donc, pour le concert du Club Zik, qu’est-ce que ça a donné ?
Thomas : On a gardé quelques vieilles compos, on a lâché Californication et Creep pour jouer Basket Case, Every Breath You Take, et All Star.
Fabb : Et on a rajouté quelques passages instrumentaux. On avait Celtic Ska Punk dans la poche, ça nous a permis de faire l’intro du concert.
Ntonio : Mais bon, il n’y avait pas foule. Le groupe précédent avait son public, et quand ils sont sortis de scène, tout le monde s’est enfui. On s’est donc fait un petit concert private, limite répétition.
Bebe : Mais au moins on avait un son de fou ! Ils ont loué pour l’occasion des amplis, et celui pour la basse gérait gavé !
Raphaiel : Ca ne nous a pas évités de nous piner, mais bon dans l’ensemble ça a été du bon.
Ntonio : Et puis moi je suis content, j’arrive à chanter plus haut ! Niark !
Pour la suite, vous prévoyez quoi ?
Fabb : Avant la fin de l’année ça risque d’être un peu tendu parce que tout le monde commence à avoir plein de partiels.
Ntonio : Ou pas…
Fabb : Mais on pense jouer à la rentrée pour les soirées d’intégration des 1ère année, et même pour les autres années aussi : WINI, WINAMP…
Raphaiel : Au final on a déjà une bonne play-list en poche : Oh Denis, Tripalium, Fukcing Stars, Club Bourrin, Pas Travailler, Blow Job + Dammit, Creep, Basket Case, Every Breath You Take, All Star, Californication, Celtic Ska Punk… Et puis on joue régulièrement des trucs du style Sultans Of Swing, Nothing Else Matters, et des compos pas encore montées, comme Reggae Oy Oy Ohého (on pense changer de titre…).
Votre regard sur la crise du marché du disque ?
Fabb : On emmerde les majors !
Ntonio : Anarchie !
Propos recueillis par… ouais, on s’en fout.
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