Mes amis, aujourd’hui, nous allons aborder un nouveau pan de l’histoire de l’humanité : la chance. Pour illustrer nos propos, mes amis, prenons un exemple fort simple et qui parlera à tout
le monde, j’en suis sûr : le poker. Bon, ok, ça ne parle pas à tout le monde. J’aurais pu prendre la roulette russe (mais je doute que beaucoup y aient joué, ou y jouent encore), le
Monopoly, ou encore MicroMachines…. Ah, non, pas les jeux vidéo. Les jeux vidéo, c’est pas de la chance, c’est de l’algorithme. Y a un programme qui fait tout comme il veut, et toi faut que tu te
débrouilles pour faire un peu comme lui, mais pas trop, parce que pour pouvoir le battre il faut utiliser la ruse. Ca c’est un autre pan de l’humanité, qui est malheureusement méconnu (mais qui
marche bien, enfin là aussi ça dépend des cas, parce qu’on prend des risques avec la ruse, et parfois ça devient vite difficile de réussir à faire rester sa MicroMachine sur l’éponge qui traverse
l’évier tout en cherchant à pousser l’autre dans l’eau). Bref, la chance, c’est une histoire de hasard.
Et le hasard, et bien mesdames et messieurs, sachez une chose, le hasard, c’est bien beau, tout le monde en parle et tout le monde y croit, c’est un peu comme les horoscopes et la superstition… En extrapolant pour fournir un joli troll, le hasard, la superstition, c’est un peu comme la religion aussi. Parfois on parle de charlatanisme. M’enfin bon, on va pas partir dans la forêt interdite pour dénicher tous les trolls possibles (troll = sujet polémique qui ne fait rien avancer, pour les analphabètes), sinon on est pas sortis (de la polémique, pas de la forêt).
Bref, et le hasard, mesdames et messieurs… ça n’existe pas ! Haha, ça vous en bouche un coin, hein ? Avouez ! Vous ne vous y attendiez pas à celle-là ?! Alors forcément, va y avoir un comique qui va se dire « je ne m’attendais surtout pas à ce que tu sois aussi débile ». Et là je lui dis : erreur ! Haha !
Eh oui, car, le monde, vous le savez tous, il est régi par des lois physiques, eh ! Et moyennement par un barbu sur un nuage, cette version-là c’est pour les superstitieux, ou ceux qui ont besoin de croire en quelque chose pour vivre et donner un sens à ce qu’ils vivent (c’est justifiable, même si je n’adhère pas, je ne suis pas en train de faire un pamphlet contre les croyants) (bandes de hippies, avec vos fumées d’encens et vos marmonnements) (tous shootés, là dedans, j’vous jure). Bref, le hasard, haha, ça n’existe pas. On avance, dites donc.
Un jet de dé, paf, ça roule, ça se balade dans tous les sens, et ça fini par atterrir sur une face. Genre le 5. Donc on a fait 2. Oui, parce que, pour les non initiés, la somme des valeurs de deux faces opposées, ça fait 7. Et que, pour les analphabètes cités plus haut, 7-5=2. Seul Radiohead a réussi un jour à dire que 2+2=5. Mais eux ils sont fortiches, on n’a pas encore le niveau.
Ainsi, là, le gars, tout triste d’avoir fait 2, le truc qui lui fait tomber sur la case Rue de la Paix avec cinq hôtels, eh ben il gueule, il crie, il part pleurer, il devient tout rouge, et il maudit la chance. Sauf que, le gars (qui me rappelle un de mes frangins), il doit son comportement à son impuissance sur les forces de la Nature (comme on dit). En gros, il contrôle pas, comme aucun de nous, le déplacement du dé, qui bon, ben c’est comme ça, est tombé sur le côté du 5. Ce déplacement est régi par les lois de la gravité, les frottements sur la toile cirée de maman, et le petit frère qui, pernicieux petit génie, a intelligemment soufflé sur le dé au dernier moment pour éviter qu’il fasse 6, mais plutôt 2 (vous aurez compris, le petit frère, il a la fameuse Rue de la Paix avec des tas d’hôtels et des BMW sur le trottoir) (alors que l’autre il a Belleville avec un clochard sur le banc du square).
Pour reprendre l’exemple du début, qui ne parle pas forcément mais tant pis je l’ai mis alors faut bien que je le case dans tout ça, le poker est du même calibre. Voire plus gros. Parce que là on n’a pas qu’un dé (en fait au Monopoly il y en a deux, mais pour faire simple on va dire que c’est un plateau avec moitié moins de cases). Au poker, on a 52 cartes, de deux faces et 4 arêtes. Une carte, c’est un vrai bordel, ça se gondole, ça vole, ça met en jeu la poussée d’Archimède parce que c’est pas bien lourd, ça se corne, ça colle au bout d’un moment, bref, l’horreur. Vous comprendrez bien que cette fois-ci les paramètres entrent encore plus nombreux en jeu. Donc que le « hasard », la « chance », va en être affecté. Toujours est-il que c’est pour cela que les joueurs de la table vont avec un 4 de cœur et un 7 de trèfle, et que le petit frère se retrouve avec deux rois dans sa main à la distribution. Pour le coup, là il n’y peut rien, c’est pas lui qui a distribué. Mais, il a eu « de la chance », ou plutôt, les lois de la Physique ont agi en sa faveur. Résultat : il a gagné la partie d’hier soir.
Et au final, mentionner les jeux vidéo, c’est pas si bête, parce que ça intervient de la même façon. Limite c’est un modèle simplifié : les lois entrant en jeux sont des algorithmes certes complexes, mais sans doute moins que les vrais Forces de la Nature Toute Puissantes, mouahahaha (non, on a dit qu’on ne traiterait pas de sujets de croyances et de religions aujourd’hui).
Bref, toutes ces lois physiques, ces phénomènes de la matière, sont les causes de ce qu’on appelle le « hasard », qui n’est lui que la démonstration de l’impuissance de les contrôler. Et ça devient franchement tordu à expliquer quand on parle de sentiments, de feeling comme on dit dans le jargon. Genre « Ah que j’ai de la chance d’avoir pu skier dimanche à Peyragudes ! Quel bon week-end avec Sarah et JB ! ». Vas-y pour expliquer comment ça marche tout ça, je vous laisse le bébé.
Au final, soyons philosophes, et sachons être dépendants de phénomènes qui nous surpassent. Peut-être un jour comprendrons-nous (ou une autre forme de vie) comment ça marche tout ça, peut-être saurons-nous tout sur tout, et peut-être alors serons-nous en mesure de maîtriser l’ensemble (ce jour là, je vous le dis, je ne préfère pas être là, parce que ça va mal finir, je le sens). Bref, contentons-nous de notre Rue de la Paix, y a 20000 à gagner à la case d’après, et puis on verra bien ce qu’il adviendra plus tard. Si la Chance veut bien nous permettre de vivre encore jusque là.
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