En réponse à la demande de certains des plus fidèles lecteurs, je poste un petit billet pour la forme, pour prendre soin de vous. Je suis désolé d’avoir
fortement réduit ma fréquence d’écriture ces derniers temps, c’est toujours arrivé, j’ai toujours eu des périodes plus inspirées que d’autres, ou moins occupées, c’est selon. Peut-être ne
ressens-je pas le besoin d’introspections particulières, que sais-je… Bref, j’écris quand même un petit quelque chose, car un blog, ça se vit.
Et je commencerai donc par vous montrer une nouveauté que vous avez sans doute déjà remarquée : l’incorporation d’un lecteur exportable de Deezer, pour
vous faire profiter d’un peu de musique en lecture, arrêtable à tout moment. J’y ajouterai petit à petit des musiques, en laissant les précédentes dans la liste… Bref, je m’arrange.
De quoi allons-nous bien pouvoir parler, par conséquent ? Pas envie de faire l’inventaire de mes activités du week-end sur mes transformées de Laplace,
alors je vais plutôt vous résumer un petit peu ce que j’ai appris aujourd’hui en module d’ouverture. Il porte plus ou moins sur l’histoire des sciences et technologies, depuis très longtemps à
maintenant. Et là je le vulgarise un peu, parce que le cours de Dilhac, c’est pas non plus la panacée. Et je vous épargne la voix monocorde, et nos potins avec Camille pendant ce temps.
Et nous allons parler aujourd’hui, mon bon Jean-Marie, d’un sujet qui nous concerne tous : les télécommunications ! Non, non… ne partez pas, je
sais le mot est moche, mais le contenu n’est pas si mal. Si si. Restez, vous allez voir. L’histoire des télécoms, donc. Alors déjà, c’est quoi ça les télécoms ? Ahaaaah. Bien vu, petit. Les
télécoms, ça se différencie du reste des transferts d’infos par différents points. Genre à la base on compte deux types différents : les informations qui bougent pas (panneau, support
fixe…), et celles qui bougent, portées à la vitesse « humaine » (courrier postal, tarte dans ta face, etc...). Les télécoms, c’est le Canard WC++ de celles qui bougent : elles
bougent tellement vite qu’à côté, nous, avec notre vélo de postier, on a l’air d’être immobiles. En gros, c’est le téléphone ou MSN.
Alors d’où ça vient-y, ça, donc, dites ? Ahaaaah, perspicace le petit. Eh bien ça remonte à perpète, comme on dit par chez nous. Genre les Romains,
l’Antiquité, Eurêka tout ça. A l’époque, ils utilisaient un moyen pratique pour s’avertir entre postes de garde : ils allumaient des feux en haut de leurs tours de garde, et hop, ça se
voyait de loin, ça allait plus vite que le type à pied qui perd du temps parce que ça sandale s’est déchirée. En gros, pour les connaisseurs, ça fait comme dans le Seigneur des Anneaux n°3, avec
les feux du Rohan qu’ils allument même à 3000m d’altitude, avec toujours un type à côté qui a trop de réflexes pour y foutre le feu et qui pionce jamais.
Mais, hélas, l’idée de ce réseau a disparu, la documentation avec (me demandez pas pourquoi), du coup ça a été oublié par la suite. Donc, pas de continuité
dans l’histoire, fallait tout recommencer (quelle guigne !).
C’est là qu’entre en scène la star du moment : j’ai nommé Claude Chappe d’Auteroche. Et qu’est-ce qu’il a fait, ce rigolo ? Il a inventé le
télégraphe, rien que ça ! Et par un moyen qu’on connaît un peu moins que le fil qui chante, c’est-à-dire le sémaphore. Un T vertical, avec deux bouts de bois à chaque extrémité de la barre
du T. Et en positionnant ces barres (indicateurs) dans tout plein de sens, on pouvait faire jusqu’à 98 signaux différents, qu’on regardait de loin avec une lunette. En fait on en utilisait que
92, car 6 étaient utilisés dans des cas très spéciaux, pour le contrôle du réseau, ce genre de bêtises… Et donc chaque barre permet l’envoi d’un nombre, qui référencie l’un une page d’un livret
de code, l’autre la ligne à lire dans la page concernée. Comme c’est long à bouger ces grands indicateurs en bois, chaque ligne du bouquin correspond à un certain nombre de mots, car à l’époque
les dialogues sont assez stéréotypés, ce sont des messages publics (pas encore de « kikoolol »). Le débit est d’en gros 2 symboles par minute.
Et puis après il y a eu mieux ! Parce que même si ça allait beaucoup plus vite que le comique à cheval avec sa sacoche pleine de cartes postales, la
science avançait toujours plus loin. Il y a eu donc le remplacement par le télégraphe électrique vers 1830, puis l’apparition du langage de Morse, avec les points et les traits. Une folie, ça
allait trop vite maintenant ! Et c’est là qu’on peut s’amuser à faire de belles analogies avec le réseau Internet actuel. Les deux réseaux se ressemblent en tous points (codage de source,
correction d’erreurs, overload, gestion des priorités…), à la différence que le télégramme ne concerne que des messages publics ou militaire, et qu’on ne transmet pas encore par paquets.
Bref, ils sont chaud bouillants nos inventeurs, et du coup ça fuse dans tous les sens ! En 1851 ça commence à passer sous la Manche, puis sous
l’Atlantique. Mais bon, ils sont pas malins, il y a tout plein de pertes en route, ce qui fait qu’à l’arrivée le signal est tout faible. Alors ces crétins d’ingénieurs ont augmenté la tension du
courant, ce qui fait que la gaine des câbles sous-marins a commencé à se corroder, et paf, court-circuit avec l’eau : ça a tout fait planter. Bon, à partir de là, il y a la Guerre de
Sécession, ils avaient d’autres chats à fouetter, donc on a eu une petite pause.
Mais ça réattaque fort ensuite, avec un Londres-Calcutta pour suivre les résultats du tiercé, et puis Graham Bell qui ramène sa poire en 1876 pour présenter
son brevet de téléphone (pour l’anecdote, trois heures plus tard, un autre type se présentait pour proposer un brevet similaire : il s’est fait rembarrer). Et puis ça enchaîne : 1901,
c’est l’apparition de la TSF par Marconi (enfin en fait c’est un résultat de tout plein de contributions du passé), puis l’apparition de la diode et de la triode. 1911, l’ATT ouvre la première
ligne téléphonique (ouais, enfin un truc pour le public, pas réservé qu’aux spécialistes, vive l’analogique !), et ça va bien servir pour la guerre. Ensuite ça va être plein d’améliorations
sur les composants (mais ça devient franchement technique), et en 1956 on a un câble transatlantique téléphonique qui se pointe. Youpi ! 1965 : premier satellite, 1970 : fibre
optique… Je passe sous silence l’expansion des ordinateurs (c’était le cours précédent), même si c’est assez marrant aussi.
Bref, ce qu’il faut retenir, c’est qu’au final, en 2002, 50% de la population mondiale n’a toujours pas touché au téléphone. Mais il y a bon espoir pour que
six ans plus tard le chiffre ait un peu augmenté.
Voilà voilà, c’était la minute Histoire des Sciences. Je pourrais aussi vous baratiner sur l’histoire des nombres, que je commence à connaître en long, en
large, et en sinusoïde, mais là je crois que ça risque de faire beaucoup. Il ne me reste qu’à vous souhaiter un bon début de semaine, et à vous dire à bientôt… je ne sais pas quand !
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