Un nouvel article. Aha je vous surprends. Epatant n’est-ce pas ? Trêve d’exaltations, me voilà dans le train, sur mon petit siège
de voiture bar, mon pitit nordinateur sous les doigts, des gens autour (eh oui que le monde est peuplé !), des ptits gamins qui jouent aux cartes, et loin de moi le sale gosse de la voiture
17 qui fait chier, parle fort, mange ses chips en faisant du bruit, et une mère qui n’arrive pas à se décider à le remettre à sa place. Je la comprends, hausser le ton n’est pas facile… Mais
quelle différence entre un peu de sévérité à haute voix pendant 30 secondes, et du pia pia pia pendant 5 heures et demie de trajet. Bref, j’ai laissé la vieille à côté de moi, même si elle avait
l’air sympa, pour faire mon geek en voiture bar.
Depuis hier soir je n’ai plus aucun complexe pour geeker comme ça, j’assume, et j’apprécie. J’étais hier à la petite soirée
d’anniversaire entre gens bien chez Eloi, dans son 11m² métro Villiers, en compagnie de l’hôte, de Nicolas, et de trois amis jongleurs : Renaud, Marie et Maëlle. Ca c’est juste pour ma
mémoire des prénoms, parce que si je ne le fais pas je vais encore tout oublier. Et puis ben on a discuté vraiment entre amis, même si je ne connaissais pas les jongleurs, limite presque
conversations de gars (surtout sur la fin car les filles, bosseuses, sont rentrées travailler ou dormir). Beaucoup de parlote sur leur réseau de jongleurs, quelques réflexions amenées sur le
cercle de jongleurs parisiens et la vue qu’on peut en avoir, des témoignages de mon expérience toulousaine, des blagues de merde, et puis un bon petit délire sur la définition du geekage, qui se
résume presque finalement à être quelqu’un de bien, si on pousse un peu. Enfin, bref, c’est nous quoi. Pas entièrement no-life, mais avec nos passions, nos centres d’intérêts, pas nécessairement
très associatifs, davantage en groupe restreint qu’à l’étendue générale.
M’enfin c’est pas le sujet, même si je suis bien content de cette petite soirée, crêpes à l’appui, bonbons et champagne. Je n’ai pas
trouvé le sommeil avant une heure très avancée, chose fâcheuse car j’ai du me lever tôt pour prendre ce mignon petit train qui me ramène au pays des férias, qui me ramène au milieu de l’INSA, qui
me ramène sous le regard des gens. Ca me manque quand même beaucoup de ne pas pouvoir retrouver plus souvent ce climat sans complexe qui existe entre Eloi, Nico et moi, nos petites habitudes, nos
trips, nos blagues bidons et nos bons vieux souvenirs de l’ancien temps. Une phrase qui résume un peu le genre, sortie hier : Renaud racontait un voyage en convention de jonglage, lui au
volant, et emmenant Eloi et deux filles dans la voiture : « Eloi a quand même fait l’enfoiré : deux filles dans la voiture, et il se fout devant ! ». Réponse de
l’intéressé : « Ben ouais, c’est normal, celui qui a les plus grandes jambes se met à côté du conducteur, c’est la règle ! ». Immédiatement surenchérit par
Nicolas : « Enfin, en tous cas c’est la règle à Moret-Veneux ! ». Rires. C’est con, mais notre petite communauté bien de chez nous avec ses références et sa façon de
vivre, on adore.
Bon, finalement, j’y reviens toujours. Alors qu’au début, bien que cherchant l’inspiration, j’étais parti sur des questions très
ouvertes sur la situation mondiale qui nous concernera dans quelques années. Je ne veux pas repartir sur les remarques rah le monde est pourri (« De toutes façons, ceux qui généralisent sont
tous des cons ! » dixit Nico citant bashfr, très bon !), mais j’avoue que finalement je m’inquiète pas mal de savoir commencer on va vivre ça, commencer ça va être géré. Enfin,
« ça », c’est même difficile à définir. Petit détail qui m’a fait revenir là-dessus, c’est mon père qui hésite à passer à Toulouse juste comme ça sans grands projets pendant les gros
week-ends, en raison du litre d’essence qui est déjà à 1,5 € dans certains endroits. Donc, par exemple, je pourrais commencer à me prendre un peu le chou sur nos futurs déplacements sans voiture
à essence, sur le remplacement franchement toujours pas trouvé de la source d’énergie qu’est le pétrole, ce genre de choses. C’est très très fouillis, je l’admets, et ça demande de prendre un
considération une masse dingue de paramètres, de faits, de mœurs, etc…
Et ce qui me fait « peur », ou du moins qui me chagrine parce qu’il va falloir quelque chose de fort pour le faire bouger
(ouais chouette, on va connaître un vrai tournant historique, comme dans les livres d’Histoire-Géo de 3e !), c’est les mœurs installées dans les sociétés majeures de la planète.
Capitalisme notamment. Je trouve très difficile de réfléchir autrement que par un fonctionnement capitaliste. On a grandi là dedans, on a toujours agi dans ce milieu, et il semble très difficile
d’arriver à concevoir un autre mode de vie. Car ce n’est pas uniquement une façon d’être, et c’est là que mon esprit de petit membre du Club Lis&Rature se trouve attiré, c’est également des
mots qui ont été attribués à des valeurs Il y a des mots faciles à voir : profit, argent, etc… Et d’autres, qui évoquent, plutôt : réussite, ambition, carrière. Ca se rattache à des
valeurs, tout ça.
Diable que c’est décousu ce que je dis. Ca mériterait d’être bien davantage construit, mais j’ai peur devant la tâche à accomplir.
Monstrueux, j’ai envie de dire. Je laisse les spécialistes le faire, même si j’aimerais que ce genre de conversation soit apportée davantage aux oreilles d’un peu tout le monde, ou du moins des
populations concernées. Ô les beaux idéaux. Comme dirait un prof à l’INSA, c’est un peu de la philosophie à la petite semaine, conversation de café du dimanche, enfin en l’occurrence de
voiture-bar du vendredi, parce que là j’écris sans réfléchir tellement avant.
Enfin voilà, tout ce genre de petites réflexions, devant lesquels on se sent un peu impuissants finalement, ça commence à me traverser
les boyaux de la tête. Ah la bonne insouciance hippie, que cela doit être plaisant. Un film, d’ailleurs, à paraître bientôt, pourrait être intéressant là-dessus, sur des amis hippies qui
grandissent et finalement ne semblent pas pouvoir tenir très longtemps fidèles à leurs idéaux.
En parlant de film, encore un joli moment partagé entre frères (ça aussi c’est diablement plaisant !), là c’était avec Charles et
sa copine Agnès, à aller voir Funny Gamus US. Film interdit aux moins de 16 ans, la persécution d’une gentille famille en vacances par deux jeunes gens. Rien de trash, rien de gore, rien de
forcément provocateur. Mais plutôt un grand travail d’ambiance, de ressenti du spectateur, de créateur d’émotions. A ne pas voir sans être un peu prévenu quand même que tout le monde
n’apprécierait pas forcément le film, qui passe outre les bienséances d’Hollywood, et vient te prendre aux tripes, vient te déranger dans ton petit monde sirupeux, vient te faire réellement vivre
une expérience cinématographique. Le job est très bien rempli, et franchement marquant. Mais ce n’est pas forcément évident à supporter. Un peu différemment de mon frère, je trouve que ce film
démontre une certaine gratuité dans la violence, mais sans être voyeur. Enfin, on peut se poser la question. Moi qui ne connaissait rien du film, à part que ça n’allait pas parler de Bambi, j’ai
été pris à la gorge, je l’ai vécu à fond. Charles connaissait mieux le principe, la fin, le climat, le but du réalisateur. Donc lui, peut-être, a pu davantage réfléchir sur le caractère voyeur
finalement, sur ce qui l’a motivé à voir ce film. Mais pour ma part, moi qui n’y connaissais rien, je n’ai justement pas été friand de certains événements, même si je trouvais les émotions, et la
façon de le faire passer surtout, vraiment très intéressant.
Voilà, je vais peut-être stopper là avant de vous perdre, ça commence à faire long, et vous n’avez pas spécialement de lire des Petit
Larousse Non Illustré pour chacun de mes articles. Je cherche à me calmer, en ce moment, ça passe mieux, je pense. Voyez comme je prends soin de vous, comme je me saigne aux quatre veines pour
vos petits yeux et votre petite cervelle martyrisée. Allez, stop, surtout que je commence à avoir la tête qui tourne. Beuh, le train ça secoue.
Ps : j’ai repensé à un truc ensuite dans le train, mais je me souviens plus, alors tant pis. Mais ça parlait que je généralisais
facilement je crois. Ah oui non si c’est que quand je dénonce le capitalisme, au final j’utilise un cliché qui n’est pas uniquement propre au capitalisme. Ca fait quand même une barre de temps
qu’on a eu des grands méchants qui veulent devenir riches et puissants. Que je suis naïf.
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