Tas de crétins ! C’était bien le moment ! Rah, aucune jugeote ceux-là ! M’enfin, je ne peux pas trop pester sur eux. Ils ont le droit. Les bougres. Mais tout de même !... De quoi je parle ? Attendez un peu que je vous raconte (ça vous changera de la monotonie de ma vie à l’INSA, tiens).
Une fois n’est pas coutume, je suis sorti du campus. Déjà, c’est un miracle. Mais égalementt une nécessité, car j’avais quelques emplettes à faire et surtout, surtout, aller visiter les agences d’Intérim du centre-ville. Me voilà donc parti sur les 14h bien trempées, à bord de mon bon vieux vélo, sur les berges du canal, en prenant mon temps, savourant le doux soleil de Mai et le petit courant d’air qui descend le canal à cette heure de la journée. Très champêtre, tout ça, en prenant mon temps, histoire de ne pas arriver en crachant mes poumons en arrivant dans les agences.
Après un premier échec dans le rue Aubuisson en dénichant un bout d’agence au 2e étage à droite d’un immeuble tout sombre et peu engageant, je décide d’aller tenter ma chance plutôt ailleurs, parce que ça a beau être Adecco, la chose n’a pas l’air d’être l’agence centrale, loin de là. Me voilà donc reparti sur les voies de bus cette fois-ci, tralali tralala, direction Place Jeanne d’Arc, toujours aussi moche, mais c’est un complexe à bus alors il faut bien l’excuser. Je cherche l’agence Adia, en m’apercevant que Google Maps s’est bien moqué de moi, car il m’a envoyé au mauvais bout de l’avenue, et je me rabats sur une autre agence qui traîne dans le coin.
Il y a des réalités dans la vie qu’il ne faut pas se cacher. Celles que j’ai apprises aujourd’hui, c’est que les petites agences recrutent les standardistes avec des boutons, et que mon inscription dans une agence d’Intérim va être difficile tant que je ne vais pas avoir de moyen de locomotion individuel (genre une moto ou une caisse à moi tout seul). Ca tombe bien, je n’ai pas encore le permis non plus. Cela dit, second échec, surtout que eux n’ont pas l’air très diversifiés, et pas forcément dans mes compétences.
Là, nouvelle réalité de la vie : être en 2e année de classe préparatoire, même à l’INSA, ça ne mène à rien de concret et d’utile en matière de boulot d’été. Enfin, je sais que je ne peux pas être d’une aide formidable. Cela dit, je persévère, et me voilà reparti vers le sud, place Esquirol et Rue de Metz, pour aller faire l’emplette que j’avais à faire, et continuer sur toute la rue de Metz ensuite car c’est blindé d’agences par-là (et je m’aperçois à l’instant qu’au final j’aurai oublié de passer chez Adia).
Et là, que vois-je, en arrivant rue de Metz ? Ou plutôt qu’entends-je ? Une clameur énorme provenant du Pont Neuf, des cris proférés par des centaines de personnes. Mes fans ? Penses-tu, non ! Pire. Des étudiants. Et devant les étudiants, des flics à moto. Et là, je me dis : « merde ». Ces cons manifestent. Contre quoi, je n’en sais rien, comme à mon habitude je n’ai pas suivi les infos ces derniers temps, et à part le RU fermé ce midi, je n’ai rien sur de la grève d’aujourd’hui. Bref, ils manifestent, ça fait un boucan de tous les diables, et je ne mets pas longtemps à voir qu’ils vont prendre la même direction que moi, Rue de Metz. Sic.
Le temps de faire mon petit achat, je ressors en plein dans le cortège. Et malgré tout, je dois l’avouer, ça a de la gueule un cortège d’étudiants en colère. Ca donne de la voix, c’est sonore, mais en même temps ça rigole bien, c’est jeune, c’est frais, et ça a une petite atmosphère hippiesque. Malgré tout, c’est la merde. Je remonte en vitesse le cortège, je prends une rue adjacente, je file reprendre mon vélo place Esquirol, je demande au passage aux flics s’ils vont bien là où je le crains. Réponse affirmative, greuh.
Et zou, je file vers le bout de la rue, qui s’avère peuplée d’agences d’Intérim. Ô joie. L’avantage de ce cortège est qu’il n’y a plus de circulation, du coup je peux me déplacer en toute liberté. Course contre la montre, j’attache mon vélo dans un coin, je reviens sur mes pas trouver Toulouse Intérim. Deuxième avantage : cette manifestation me permet d’engager le dialogue par une petite blague, ça fait toujours plus sympa. Ce qui n’empêche pas le type de me dire que pour le mois de Juillet, ça fait un peu juste, qu’il aimerait bien que je bosse plus longtemps et plus souvent, tout ça tout ça, et qu’en gros je pourrai repasse fin Juin en dernier recours si d’ici-là je n’ai rien trouvé. Bon, là j’y pouvais rien. Mais refus.
Je ressors, la cortège se profile à l’horizon, pouet pouet tsoin tsoin, je file parcourir les autres trottoirs, passe devant une librairie, tente ma chance à l’intérieur, le type posé dans son fauteuil avec sa cigarette décline l’offre même s’il avait l’air cool, je continue, et donc me voilà chez la vraie Adecco, où je m’aperçois d’une nouvelle vérité : mon prof d’anglais avait raison, la France des bureaux et petits papiers, c’est vraiment pas ça. En gros, il faut que j’aille voir ailleurs, parce qu’ici ils ne sont pas spécialement en mesure de m’aider, et même au moment où, dans un dernier espoir je dis que je fais des études en Génie Civil et que j’ai déjà fait un stage sur chantier, on me file sans m’écouter une nouvelle adresse, à perpèt bien sûr, pour aller voir.
Je ressors, ça y est, il est trop tard, le cortège m’a rattrapé, et Manpower et les agences à côté ferment leurs rideaux de fer. Dommage. Enfoirés d’étudiants. Me voilà donc à repartir sur mon vélo, le sac même pas allégé de quelques CV, bel et bien brecouille, comme on dit dans le Bouchonois. Un peu déçu, je dois l’avouer, mais je ne peux pas m’attarder à aller péter ailleurs, j’avais prévu de faire le tour de ce quartier, je ferai un autre une autre fois. Et puis penser à repasser à Adia, tiens.
Cela dit, je sens que ça va être difficile, finalement, pour cet été. Je ne désespère pas, mais sans voiture, sans permis, sans qualification, ça ne va pas être si simple. Mais j’aimerais bien savoir, quand même… Il y a bien des touristes à Toulouse l’été, la restauration doit recruter un peu ! Dans tous les cas, je vais quand même tenter aussi un truc dans le bâtiment, avec le peu que je sais faire, et même sans voiture… Après, est-il encore temps et oserais-je redemander in extremis un nouveau petit stage rémunéré chez Bouygues Constructions ?... Mmh, ça ne va pas être facile…
‘foirés d’étudiants. Jamais contents.
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